Discographie Interview OAF #11 Interview Dekapsuleur #3

Discographie

Démo K7 "Cush Rebel" 02/84
    Titres démo et live. Enregistré sur 4 pistes.
Démo K7 "MJC Ronceray" 84
    Le 21 septembre 85 s'est tenu dans la même salle le festival rock "vivre libre ou mourir" (avec ND, BxN et The Fist).
Maxi "45 Révolutions par minute" (Rock Radical Rds RRR010) '85
    Arriba Espana / Abajo la dictatura / Dicta-dub / Corruzione.
LP "Tonnerre à la une" (Rock Radical Rds RRR011) '86
    Servitude nationale / Aguila de ciudad / Habib Grimzi / El gran Corrido / Negritude / Arriba Espana.
Compil LP "Rock Army Fraction" (Rock Radical Rds/Alerte Rouge RRR0C) '86
    Madridub
45T "Desperados" (Bondage Rds BR004) '87
    Desperados / Coscorron steady beat.
LP "Western Electric" (Bondage Rds BR007) '87
    Deprisa / #5446 / Partisans / La roue s'arrête / Frontière / Pas de quartier / Desperados / Prétoria / Guantanamera / Lettre de fusillés.
45T "1987 Remix-Deprisa" (Bondage Rds BR014) '87
    Vivre vite / Coscorron / Deprisa
Maxi "Je suis un évadé" (Bondage Rds BR028) '88
    Je suis un évadé / Ouvéa / Mentira. EP live vendu à l'entrée du Be Bop Festival puis chez Bondage (700 exs).
45T "Je suis un évadé" (Bondage Rds BR032) '88
    Je suis un évadé / Quartiers Noirs / Mentira / Ouvéa.
EP sans pochette, promo.
K7 "En vivo" (On A Faim K010) '88
    Sur les murs / Desperados / Prétoria / La roue s'arrête / Arriba Espana / Deprisa / Servitude nationale / Aguila de ciudad / ? / Partisans / Frontière / #5446 / ? / Guantanamera / Louie louie.
Enregistré en mai 88 au festival "le rock dans tous ses états"
Compilation LP "Radio Bond-age" (Bondage Rds BR033) '89
    Je suis un évadé
Compilation LP/CD "A bas toutes les armées" (VISA/On A Faim KL01) '89
    Servitude nationale
CD "Wincicala chants" (Best of) (Houlala HH9007) '90
    Arriba Espana / Madridub / Habib Grimzi - Grimzi dub / El gran Corrido / Negritude / Pas de quartier / Desperados / Coscorron steady beat / Deprisa / Partisans / Frontière / Prétoria / Basement dub / Lettre de fusillés / Coscorron / Deprisa.
Compilation K7 "La Nuit Noire" (Rock Hardi RH09)
    Guantanamera


Extrait d'interview OAF #11 (Octobre 88)

OAF : l'image qu'on a de ND est plutôt celle d'un groupe antiraciste, comment concrétisez vous ça, militez vous ? Pascal : on n'est pas militant au sein d'un parti ou d'une association quelconque. On milite dans ND. Le mot militant est un peu péjoratif, parce que c'est se battre dans une organisation, avec plein de gens ... nous on milite pour nos idées, on est anti-racistes et anti-fascistes. Chris : par rapport au racisme, on a eu des actions, des actions de musiciens et d'autres. Notre façon de donner nos idées, c'est à travers la musique et les concerts qu'on fait. C'est réunir un maximum de gens, leur proposer un truc; après les gens en font ce qu'ils veulent. Si les gens après un concert, vont déchirer les affiches de Le Pen, c'est déjà très bien. Pascal : le côté militant implique toujours une organisation. Quand tu es avec d'autres gens dans une organisation, t'es obligé de faire des concessions il y a une ligne à suivre ... on peut avoir des idées que défendent certaines organisations, mais on n'est pas impliqué dans l'une d'elles. Chris : par exemple, prends SOS Racisme. Si j'en faisais partie, ça me ferait chier de voir Harlem Desir faire de la pub pour des costards. C'est ça le problème. Au départ c'était bien SOS Racisme. Maintenant, avec ce que c'est devenu, il est temps qu'il y ait des scissions, que chacun revendique, en groupe, différents aspects de la lutte contre le racisme. A mon avis la position de SOS Racisme est trop gentille. Pascal : c'est vrai qu'au début SOS Racisme était intéressant, il y avait des gens intéressants. Mais ils n'ont voulu jouer que du côté médiatique, ce qui a entrainé trop de concessions. Et quand tu vois Harlem Desir qui se déplace à la Courneuve et qui se fait jeter par les beurs, tu t'aperçois qu'il y a un décalage entre SOS Racisme et la réalité des banlieues. Quand tu vois Harlem Desir, poser dans Vogue avec un costard à plus d'un baton, y a un malaise. OAF : il y a certaines idées qui passent dans vos textes, est-ce que vous pensez que les gens en retiennent quelque chose ou qu'ils viennent juste pour s'éclater ? Pascal : il y a une partie du public qui vient pour les paroles, parce qu'ils savent qu'ils vont entendre des choses qui vont les conforter dans leurs idées, pour se dire "je ne suis pas le seul à penser ce que je pense, sur l'Apartheid, l'expulsion des Basques, le racisme ..." C'est évident qu'il y a des gens qui, eux, viennent et se foutent des paroles, ils sont là pour la musique. Mais je pense qu'à force de venir à des concerts de ND ou autres, au bout d'un moment, la musique ne va plus leur suffir, il leur faudra autre chose, s'intéresser aux paroles ... On est bien conscient qu'il y a des gens vont aussi bien à des concerts de ND, pour s'éclater, qu'à des concerts de groupes ne défendant pas d'idées particulières. OAF : vous avez fait une chanson sur Trotsky et son assassinat, vous vous sentez proches de son idéologie ou c'est uniquement à cause du personnage ? Pascal : c'est une chanson qui est vieille puisqu'elle était sur notre premier album. Au début, on se sentait, peut-être pas proche mais disons pas trop loin des idées de Trotsky. Mais, petit à petit, en se formant, en écoutant plein de trucs, on s'est tous plus ou moins écarté de ces idées-là. Mais cette chanson a été écrite pour le fait historique : qu'un mec en exil se fasse assassiner par Staline : c'est pas "pauvre Trotsky, on l'a tué", non c'est plus sur Staline. Chris : c'est pour expliquer quelque chose que tu retrouves dans la chanson : la référence "Cain a tué Abel ..." les luttes fratricides, du genre pendant la guerre d'Espagne entre anarchistes et communistes. Il y a des gens qui partent pour un combat qui au départ est le même et au bout de quelque temps, ils se tirent dans les pattes pour finalement s'assassiner. Ca m'a toujours choqué. En fait il s'agit d'une chanson populaire qu'on a repris. Ca aurait pu être sur la guerre d'Espagne, l'Afrique du Sud ... Pascal : quand dans "Pretoria" on dit qu'il faut libérer Mandela, qu'il faut libérer l'Afrique du Sud de l'opposition des blancs sur les noirs ok. Mais qu'on libère Mandela et que l'ANC vire les blancs, ou les laisse, et se mette a exploiter les noirs, c'est pas une solution non plus. On est contre l'apartheid. Il se trouve que ce sont des blancs qui exploitent des noirs, mais lutter contre l'apartheid pour que des noirs exploitent des noirs, je ne vois pas l'intérêt. Mais c'est vrai qu'il faut libérer Mandela, c'est dégueulasse que ce mec soit en taule pour ses idées. Mais ce n'est pas un Dieu ... Chris : c'est un truc qu'on évite, comme de délirer sur Che Guevara. On préfère dénoncer des gens qui nous paraissent odieux, que d'en mettre sur un piédestal. C'est vrai aussi pour "Arriba Espana" quand on parle de la guerre civile. Sans en faire l'éloge, les Brigades Internationales nous ont fasciné, même si on sait très bien que pendant la guerre civile, il y a eu des trucs, dans les rangs républicains, de vraiment dégueulasses, il y a eu des anarchistes de massacrés ... Mais le fait principal c'est que des gens qui se battaient contre Franco. Qu'il y ait eu à côté des trucs dégueulasses, c'est malheureusement toujours le cas.

Extrait d'interview Dekapsuleur #3 (1er trimestre 85)

Nuclear Device est un groupe du Mans composé de Pasqual....Chant Ki-Ox......Guitare Charlu.....Basse Chris......Batterie Jean Marc..Saxo D : Petit historique du groupe La formation date d'il y a 2 ans. Jean Marc nous a rejoint il y a 6 mois. Avant cela Ki-Ox, Chris et Pasqual formaient un groupe qui faisait essentiellement des reprises (Sex Pistols, Basement 5 ...). Charlu jouait dans un groupe de reggae. D : Quelles sont vos influences ? Ca va de l'Angleterre à la Jamaique en passant par l'Amérique latine, l'Espagne et aussi la France pour son côté culturel. Et du fait de nos gouts initiaux : le reggae et le punk. D : Vous allez gueuler, mais vous ressemblez quand même un peu au Clash ! (Protestation générale, cris, Charlu se lève pour partir ... les 2 Dekapsuleurs sont à deux doigts du lynchage NDLR) Nooon! Dans l'esprit peut-être ... et encore, y a-t'il un esprit Clash. On écoutait ça il y a 2 ans c'est tout. Charlu : C'est le 1er groupe qui m'a ouvert les yeux sur la musique européenne. Mais on ne leur ressemble pas, surtout avec nos nouveaux morceaux. D : Vous avez des racines skinhead 68-69 selon votre press-book ? Oui, on écoute du ska, du rocksteady et du reggae. A l'origine c'était ça le mouvement skinhead; puis il y a eu le renouveau skin en 78 avec Sham 69 opposé au 1er et que certains ont pris pour un mouvement nationaliste. Maintenant c'est un mouvement politique et prolo. Nous sommes anti-nationalistes. D : Les idées qui ressortent de vos chansons ? On s'inspire du quotidien. On parle de phénomènes sociaux. Pas de politique, mais de l'actualité. On a pris une optique sérieuse mais c'est pas pour ça qu'on aime pas déconner. Seulement on se lasserait vite de dire des conneries dans nos chansons, ou alors faut avoir beaucoup d'humour et c'est difficile. Ceci dit on ne veut pas sombrer dans le trip intello, on est pas des militants. D : Etes vous un groupe engagé ? Disons plutôt un groupe à idées. D : Vous semblez attacher un grande importance au look, au visuel. Oui beaucoup. Pour nous ça fait parti du spectacle. On en a marre des concerts dans des salles complètement moches. On veut donner un maximum d'émotions au public. On est assez branché sur le graphisme. On voudrait fiare un 16mm promo que l'on ferait nous même. D : Perfectionnistes ? Complètement. On essaie d'être professionels. On se rebelle un peu contre les gens qui veulent faire des trucs sans s'en donner les moyens. D : Définissez votre musique. On essaie de tirer un maximum de nos instruments. Par exemple, on a une basse rythmique, mélodique qui tient une place importante. C'est aussi pour ça qu'on a souvent des problèmes au niveau des balances dans nos concerts, car les sonorisateurs ne sont pas habitués à cela. D : Que pensez vous de l'auto-production ? Ca ne nous intéresse pas. On préfère travailler en studio avec des gens qui s'y connaissent et qui produisent un bon travail. En octobre 83, on nous a proposé de faire un disque, mais on a préféré attendre car on n'était pas au point. D : Et aujourd'hui ? On se sent prêts et va enregistrer un 6 titres en septembre sur Bondage Records. On veut faire quelque chose de professionel, de bien fait, dans la production et la distribution. D : Des projets de concert ? On cherche des gens sûrs d'eux et compétents. On espère jouer en Espagne cet été et faire une série de concerts en septembre pour la sortie du disque. D : Le mot de la fin ? Halte aux bricoleurs !!!
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