NEGATIVE RECORDS






Présentation

Plutôt que de parler dans le vide, laissons le label se présenter lui-même :

Negative Records, crée en 1985 par The Brigades et quelques Brigadistes, avait pour but de permettre à quelques groupes de rock radical reggae et punk, bases en France ou ailleurs, de transcrire sur vinyl les tracts musicaux distribués dans les concerts alternatifs.
(...) Et si à l'époque (de 1985 à 1990) le choix existait du côté des labels indépendants (Gougnaf, Visa, New Wave, RRR puis Negative), la scène s'est singulièrement rétrécie avec la mort des groupes les plus combatifs : Les Brigades, puis Bérurier Noir, Nuclear Device, Haine Brigade, et Laid Thénardier, entre autres ...
D'autres labels ont pris la relève comme Dissidence, On A Faim!, Black & Noir, Crash Disques, Combat Rock ou Vicious Circle, mais dans un contexte économique et social beaucoup plus défavorable qui limitent leur capacité à aider un aussi grand nombre de groupes. Certains comme Dissidence ou Visa sont morts brutalement, d'autres comme Black & Noir plus lentement.
C'est pourquoi la réapparition d'un autre label se consacrant uniquement à des groupes radicaux de la scène HC punk, street punk, et en ne se limitant pas à l'hexagone nous a semblé combler un vide.
Le label reprend donc ses parutions avec 3 EPs sur vinyl qui sortiront d'ici le printemps 97.







        DISSIDENCE






Interview de Vlad (07/97)

(que je remercie pour avoir pris la peine de me répondre si longuement)

1) Peux tu nous donner un historique de Rock Radical Records ?

Rock Radical Records a vu le jour en 82 à l'initiative de Kid Bravo et V. Dialectics. Son but unique, au départ, était de sortir le premier single des Brigades. Lorsqu'il fut question de passer au format supérieur, l'autofinancement par les membres du groupe et quelques copains de l'Essonne, n'était plus suffisant. Un copain du nom de Philippe, rencontré par l'intermédiaire de celle qui signe aujourd'hui Barbarian dans Libé, devint alors le "mécène" du label. Grâce à lui sortiront le mini LP "Bombs and Blood and Capital" et le 45T "State Control Paranoia" en 83, puis le maxi "Ready ready go". Rapidement aussi, le label devint l'instrument de Kid Bravo et de Philippe et décidèrent par exemple de la sortie du premier 45T de Bérurier Noir. D'autres dont j'étais, à l'époque, auraient préféré sortir un 45T des Sub Kids nos copains de Dunkerque. Il fut aussi question de sortir un mini LP du groupe Brigade de Bordeaux, mais celui-ci splitta prématurement en 83. Le split des Brigades pendant l'été 83, à quelques semaines de l'enregistrement du premier album, entraina aussi la fin de RRR. Kid Bravo, Philippe et Marsu, devenu manager des Bérus, fondèrent alors Bondage Rds. De leur côté et quelques mois plus tard, the Brigades nouvelle formation décidèrent de recréer un label avec quelques copains afin de garder leur autonomie et de pouvoir aider quelques groupes ayant la même démarche.

2) Quelle était la motivation pour créer un label ?

La motivation principale était, et est toujours, d'aider des groupes ayant des textes intelligents et une démarche intéressante. En résumé, aider des groupes radicaux, qu'on appelle "political bands" en Angleterre, sans se limiter à l'hexagone. Ainsi hier, il y a presque dix ans !, sortaient les albums des allemands de B. Call et des anglais de Red London. Aujourd'hui en mai 97, sort un nouvel EP du groupe écossais External Menace. Précision très importante : the Brigades alors, the Informers maintenant, ont developpé des liens personnels et ont fait des concerts avec tous les groupes qui ont été et sont ou seront sur Negative.

3) Quelles ont été les relations avec Bondage Rds ?

Les relations avec Bondage, tant que ses fondateurs l'ont animé et donc avant que le label ne devienne la chose d'une boite de production cinématographique, ont toujours été très bons. Ces bons rapports permirent ainsi plusieurs concerts communs comme Bérurier Noir / Brigades en 87/88. Ajoutons aussi que c'est Bondage qui avança 20000 francs aux Brigades pour s'acheter un camion. Cela nous donna une réelle autonomie en nous permettant et de faire plusieurs tournées en Allemagne et une mémorable tournée en Pologne en septembre 88.

4) Pourquoi s'est arrêté (temporairement) Negative Rds au profit de Dissidence ?

Les mêmes membres du groupe qui prirent la décision de mettre un terme aux Brigades en avril 89 pensaient que faire vivre un petit label indépendant était devenu impossible. Pour reprendre une formule de Kid Bravo "il n'y a rien de plus dépendant qu'un label indépendant". Ceux qui voulaient continuer dans le même esprit décidèrent un rapprochement avec le fanzine "Est ce bien raisonnable" qui avait aussi un projet de label. Pour ménager toutes les susceptibilités, un nouveau nom similaire en anglais et en français sera choisi : Dissidence. Sans aucun groupe "phare" tournant en France, sans un distributeur du genre New Rose, et en étant totalement dépendant de la politique du tout CD et du stock zéro imposé par les grands acheteurs de type Fnac, le label n'avait aucune chance de pouvoir subsister.

5) Comment cela s'est-il déroulé sur le plan financier ? S'il y avait quelque chose à refaire ?

Nous sommes très heureux d'avoir pu aider les groupes que nous aimions et ne regrettons aucune réalisation. S'il faut parler en termes de finances, disons simplement que seules les ventes des albums vinyl des Brigades ont permis de combler les pertes des autres réalisations. Le label a cessé ses activités avec un solde nul, mais toutes les sommes empruntées ont été remboursées. L'argent qui aurait pu aider à réaliser plus tôt d'autres projets est resté entre les mains de magasins indés qui ont fait faillite ou d'autres labels qui n'ont jamais rêglé le prix des albums distribués et vendus. S'il y a eu echec c'est celui de toute la scène indé dans les conditions sociomusicales particulières existantes en France. Bérurier Noir vendait 50000 albums en 87 et certains criaient à l'exploit. Mais au début des années 80 des groupes punk Anglais, sur des majors il est vrai, tels que Clash, Jam ou Stiff Little Fingers vendaient de 250000 à 500000 albums. Il faut donc relativiser l'impact du rock alternatif et des labels indés d'ici. Nous n'avons pas d'équivalent français à un label tel qu'Epitaph : nous n'avons pas non plus d'équivalent écrit à Maximum Rock'n'Roll. Ceci fait partie d'un même "retard".

6) Si t'avais des conseils à donner pour monter un label ?

Aucun conseil à ceux qui voudraient monter un label; Just do it ! sans oublier qu'il faut beaucoup de temps, beaucoup d'énergie et, aussi sans doute de l'argent à perdre.

7) Negative Rds et les Informers ?

Negative Rds n'est pas le label des Informers. Cinq individus, dont un seul informateur, sont aujourd'hui réunis dans la structure associative Radical Rds qui anime le label. Il a d'ailleurs été décidé récemment de créer un second label plus tourné vers les groupes d'expression française : Planet Marx. Les finances resteront communes, mais Negative pourra ainsi poursuivre sa démarche initiale.

8) Comment a été fait le choix des groupes ?

Les groupes ont été choisis, "après negociation", collectivement et en tenant compte des critères cités plus haut et des choix musicaux de chacun. La branche Planet Marx sortira le EP de Civil Agression dès que le groupe se sera mis sur la pochette et dès que les finances le permettront. Leur second projet est un EP compilation Paris/Lyon avec les susnommés et les Partisans of course.

9) Quels sont les projets du label ?

Negative avait dans l'idée de sortir un EP du groupe reggae punk Scum of Toy Town que nous avions rencontré à l'occasion du festival punk d'Edimbourg en août dernier. Faute de réponse, le projet EP et concerts en France semble tomber à l'eau. Pour février/mars 98, nous espérons sortir une compil CD et cassette de 12 ou 14 morceaux, presque tous inédits, sur le thème du travail et de l'anti travail, une sorte d'anti work songs. Seraient de la partie, outre les groupes "maisons", plusieurs groupes écossais (Oi Polloi, Swine Flu), anglais (Snuff, Apocalypse Babys), américains (Blank 77, Divide and Conquer) et français, à confirmer. Peut-être à ce moment la faudra-t-il négocier avec un distributeur pour obtenir l'avance des frais de fabrication et une distribution un peu plus étendue. Inutile de préciser que les CD ne seront pas vendus en Fnac à 130 ou 140 francs. Tout ce qui est en notre pouvoir sera fait, c'est-à-dire fixer le code barre prix distributeur, pour que le CD puisse être dans les 80 francs en magasin.






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